Chambre 206

Ce matin, mes yeux brisés comme du verre cassé,

deuxième étage, chambre 206

clignent sans douleur,

la lumière

a fait son entrée,

contre toute attente.

Les reflets qui écharpent cette histoire,

saignent un peu mon espoir, mais pas très longtemps,

envie de vivre quand même.

Une étrange légèreté m’envahit.

La nécessité d’aimer dissoute dans

un verre d’eau,

elle ne prend pas beaucoup de place finalement.

Les fragments pleins du puzzle tombent sur le carrelage,

pas le moment d’inventorier les pièces,

juste ne pas couper mes pieds,

j’en ai besoin pour aller à la réception,

payer ma vie.

La lumière se propulse dans les orbites,

le cœur bat les ailes d’oiseaux sempiternels,

oui, le recommencement dans leur ritournelle,

je veux écouter une autre musique.

Le courage se fend d’un sourire,

il est tant de passer aux choses sérieuses,

faire table rase, humer l’herbe fraîchement coupée,

oser commencer une autre journée.

C’est l’heure du petit déjeuner !