Dans le désordre des choses

Mes yeux, entourés de bruyère,

bleue, rose, sèche, isolée,

séculaire,

portent,

leur regard, leur perce entière,

loin, bien trop loin, maintenant.

Plus de retour, plus d’arrière à protéger.

Trop tard.

Camper les mots de l’ombre,

se les farcir, autour d’un feu qui réchauffe.

Se raccrocher à lui,

comme aux branches qui grésillent

et libèrent,

les explosifs rougis.

Brûler la peau, ça fait du bien.

Pour oublier, que quelqu’un d’autre,

sait,

ce qui m’arrive.

Qui est passé par là, s’en s’effondrer.

Inonder, les flammes,

et les pisser,

par l’âme.

Le masque est tombé,

gît, écroulé,

de rire cynique,

enfin, son heure est venu.

Il s’est reconnu, dans le

ruban,

rouge,

coupé, affalé,

qui n’a pas saigné.

Il n’y a plus de sang, dans ce corps

sans vie,

juste le jus des fruits,

cocktail de sucre à vous retourner l’épluchure,

c’est tout ce qui reste,

tout ce que je laisse.

Le masque, affolé,

renonce.

Portée par une force,

une douceur,

tonique, exigeante,

explosive, entière.

Dix sept ans,

trouver le courage,

d’entendre le silence bruisser,

dans les remous du ressac,

qui n’arrête pas de revenir se briser,

dans les mouvements de la réalité.

Quand le désir se cogne aux rochers,

le sable tombe sous mes pieds,

je marche écorchée et j’avance,

quand même.

Je me lève.