Manipulation

Franchement, il n’y a pas de raison, Mesdames,

de poursuivre, de suivre,

les ogres affamés de vos petites baies juteuses,

qui glissent entre leurs baises,

jusque dans leurs gargotes où baigne le jus de leurs dents.

Ils vous tirent de vos froufrous féériques à bras le corps,

sentent l’urine et fort,

vous transforment en papillons captivants,

trichent vos émerveillements.

Alors au Diable les escaliers en colimaçon qui enroulent

vos anges amoureux d’ acalifourchonnes raisons,

leur proposant merveilles et monnayant le Mont.

Car derrière chaque virage,

un autre virage épinglé de marches,

en pierres de taille glissantes et enfumeuses,

des rembardes solides de métal froid,

peuplées de mains serrées autour jusqu’à saigner,

désespérément sérieuses.

Et des glissements de femmes,

de la terre vers l’enfer, enfermées et malheureuses,

coincées sur des escaliers taillés pour les mers et les montagnes,

sans canot de sauvetage ni piolet pour survivre au mâle.

Choisissez le diapason et prenez la mondaine,

des escaliers vibrants, justes et fluides, de l’aubaine!

Des mains manucurées qui tournent

le vent et les ailes,

pour les glisser le long des coursives,

au murs clairs et reflets purs de vos ascensions.

Une marche après l’autre à pas de souris,

posez sur le dos une peau nue de vison,

glanez des gants de soie ça et là, enfilez les sur vos jolis pieds,

ajoutez à chaque doigt, des hauts talons en cuir d’hirondelle,

n’ oubliez pas la coiffe, de vieux chiffons en dentelle,

et vous voilà prêtes, Mesdames,

pour un illuminant et dernier combat,

cachées entre élégance et brouillon,

brouillez les pistes et prenez des décisions,

pour affronter les ogres de temps perdu et d’imprécision.

En tout cas, le temps de ramener toutes les femmes

en un lieu où ces buveurs d’orgeat insatisfaits,

n’auraient plus de séance,

ni tenante, ni méthodique,

ni valable, ni diabolique,

un lieu Mesdames, pour vous, quand vous serez prêtes

à quitter votre manque et habiter vos amants,

des hommes sans élans déplacés mais présents,

des hommes grisonnants pas grisants,

des hommes audacieux en amour, pas courts sur les mots d’humour,

tous sans exception, sauf les ogres de barbare rire,

et vous, joyeusement.

Prêtes à remettre vos habits en ordre et vos froufrous en bruissement de vie,

prêtes à emboiter vos pas discrets , pas à manipuler vos boites à secrets.

Puis viens le soleil.