Lettre à un Condor

Je ne sais toujours pas,

mais plus le temps passe,

plus je pense que tu m’as appelée.

Vois-tu là maintenant un oiseau chante,

je jurerais que c’est une mouette,

et tout à coup nous sommes au bord de la mer,

mon cœur est si heureux et léger.

C’est là-bas que nous irons ensemble,

là-bas que tu seras bien.

Avant tu viendras ici te reposer,

tu iras mieux et moi aussi,

nos corps seront plein d’énergie,

ils se mettent déjà en route et pestent,

nous n’allons pas assez vite.

Nous découvrirons ensemble pourquoi le vent nous a rappelés,

et nous nous occuperons d’amour.

Je serai la bleue et toi le blanc,

nos rôles inversés c’est marrant,

quoi que je ne crois plus que j’ai jamais été devant.

Je m’entraine et tu te lèves,

j’entends parfois tes grognements,

à l’autre bout de la terre,

un ours qui sort de sa caverne,

en annonçant son grand retour.

Les saumons remontent la rivière,

j’y suis assise près du feu.

Je n’ai pas hiberné j’avais des choses à régler.