Pâquerette

J’ai chaud, j’ai froid. C’est toi.

Sous la pluie, sous les toits, toi.

Derrière ce blanc de neige,

des couleurs à peindre,

encore toi.

Tu te reposes, je te repose.

Tu ne me dis plus rien, je me tais.

Tu m’envoies des fleurs, elles sont belles.

Quand viendra le jour, je serai là.

En attendant, profite,

de ce joli printemps.

Au fait, cueille-moi, à la lisière, de ta clairière,

dans la fraîcheur, après la nuit, j’ai besoin

de noir et de lumière.

Et,

parce que tu n’es pas le plus joli mot de la terre.

Ce chapeau posé sur ton a,

c’est un cadeau pour les jours de pluies.

« Ette » vient lui faire la fête,

toujours tendrement.

On dirait deux chenapans, deux tendres larrons,

à la vie à la mort, peignant de couleurs un mot,

blanc comme la neige.

C’est le rêve et la réalité.

Une corolle,

faite des piétinements des premiers pas dans les jardins

de sa délicate apparition,

des regards de tous les enfants sur les premiers

pistils,

des mains qui les cueillent dans des vases sans teint,

pour les offrir à une grand-mère au chignon très blanc,

un soir de soleil,

au premier rayon du matin.

C’est un mot pour demain.