True story

Ibrahim Maalouf, « True sorry ».

Vois-tu, une seule chanson suffit à mes pensées et c’en est une de Rickie Lee Jones.

J’ai voulu être elle je crois, écrire nos sueurs ravissantes, au rythme des drums.

Je n’ai jamais su prononcer les étouffements de nos lèvres, aveugles à ma plume.

Je ne savais où orienter mes mots qui piquaient du nez et que tu ne paradais pas,

déboussolée, oui.

Je ne savais pas non plus quoi penser, ce n’était jamais ni assez clair, ni assez sombre,

pour que je puisse nous distinguer, une taupe cendrée qui refusait de creuser.

Alors j’ai imaginé des cartes postales que j’enluminais dans nos albums de

famille, j’ai envoyé de la colle à mes doigts.

Je suis devenue un soldat, je me suis enrôlée.

Je me bats quand je ne sais plus quoi faire d’important.

Je suis devenue mère aussi, au temps où en emportait le vent des saisons foisonnantes,

j’ai brûlé la terre par les deux bouts, je leur ai appris à se sortir de nous.

Désormais, le deuil a cartographié son oubli et il m’est arrivé de me demander

pourquoi nous nous étions choisis.

C’est marrant parce qu’il y a neuf mois encore, j’aurai juré que c’était la foudre.

J’ai ce quelque chose de la magie d’une forêt dans ma tête.

J’aurais donné ma vie pour que tu ne partes pas et maintenant qu’elle est là,

je ne veux plus que tu la reprennes, je te tuerais pour ça.

Je vois bien la gentillesse que les enfants ont pris de toi.

Et ça suffit à inspirer une chanson culte.

Quand tu es là, c’est comme si c’était la première fois.

Au moins tu me plais encore parfois,

quand tu apparais dans un bon jour, une belle luminosité.

Plus nos silences nous rendent étrangers,

plus nos enfants se rencontrent.

A croire que tout est dit dans un petit rien.

A croire qu’on a perdu beaucoup de temps à palabrer.

Enfin, tu sais, moi je crois que l’on s’est nidifié.

Et quand la bise fut venue, nous nous sommes envolés.

Nous avions faim.

Nous serons donc des parents divorcés,

moi de la caserne et toi de tes discours.

J’ai quitté le sens du devoir et tu es devenu parachutiste,

un de tes rêves.

Nous instruisons nos enfants.

La guerre de cent ans n’aura pas lieu, ni 1 année, ni 1000 ans.

Nous sommes déjà, dans un autre lieu.