Accro

Musique: « No man no cry » Jimmy Sax (Version)

Quand il s’agit de friandises, je raidis ma rigueur.

D’ailleurs elle en a eu assez, elle m’a reniée.

J’en prends matin, midi et aurevoir.

Je soulève mes paupières et je ne peux plus me voir.

Je n’ouvre même plus mes rires, que dans les salons sucre glace.

Je reçois des lettres, je n’enjambe ni les timbres, ni les ponts de mots.

Je deviens monothéiste. Un seul Dieu pour tous ces maux.

Dieu, drogue, dogme pourquoi pas doliprane en comprimé ?

Je reçois une étoile, je la cloue au mur, comme une toile annonciatrice

sans lumière, je diffère.

La toile de fond m’abandonne à la torture, me fait tortue,

me tue à petits bons, me situe dans l’espace, complètement, distinctement,

constellations de musiques plus divines les unes que les autres,

je danse, je chavire, je partage et je ris, j’obtempère.

Sur les doigts, entre les deux, entre les dents, dans la bouche, sous la douche,

collées aux cheveux, sous les chaussures, dans mes chiens aboyeurs d’os à ronger,

les friandises ont pris possession de ma voix, de ma voie et de mes homographes:

nous sommes somme toute éphémères, les éphémères se brûlent aux lampadaires.

Les papillons à tire d’aile rêvent pendant que je mâche les friandises.

J’ai dû rappeler mes mains, elles couraient après eux sans vergogne,

des escargots empressés de s’enrober dans la glue dorée.

Par pitié !

Pas si vite.

Quoi qu’il en vienne, de rose ou de dodu, je n’en peux plus de m’entêter.

Je choisis le féérique illuminé de sommeils et de réveils,

la magie qui embrase et qui offre,

dans les tours, dans les coffres, des rubans, des alambics,

je transforme les choses en authentique et d’un bon j’enferme mon chat

dans son panier.

Je l’emmène chez la voisine elle l’adore.

Moi j’ai besoin de pleurs et de joie.

J’ai besoin d’être chez moi, seule et enfermée.

J’ai besoin de lueur à travers les fenêtres de mon quartier,

je veux tirer des rideaux alanguis par les oiseaux de paradis

animant les traverses édulcorées de mon chemin.

Je veux entamer la course vers le soleil, effrénée, d’anti-coagulant

pour mon sang.

Je veux la vie qui tourne entre chandelles et divan,

comme si la solution était contenue dans le

guéridon où je me suis enfermée vivante.

J’entends bien leur crissement, leur craquement, leur claque sur mes hanches.

Les friandises donnent de l’état de chocolat en rémission

post-traumatique à mes tendances.

Désormais il me faut démissionner.

Je veux être apprivoisée.