Vœux

Je pars. Je viens. Je reviens.

Ma main prend, attrape, sert fort.

Je t’ai, je te tiens.

Je ne te lâche plus. J’aimais.

C’est toi, dans mes reins.

Les jours d’orage, de pluie, de soleil,

j’espère juste que tu passes la porte,

que tu poses un baiser sur la poignée.

La maison porte bonheur.

Je t’attends,

même sans toi.

Je veux juste être là,

même sans moi.

Je pose ma tête sur ton épaule,

je sais que tu as la même,

sur la mienne.

Des regards laids,

en silence, je t’ai dit, fais les valser.

Ecoute.

N’écoute jamais ce que je dis,

et je n’entendrai plus mes inepties.

Ce sera notre force.

La folie.

Etre ailleurs.

Je mens, j’enchante, j’organise.

Tu romances, tu contes, tu veilles.

Genou à terre maintenant,

il est temps, je t’aime.

S’il te plait, accorde-moi quelques minutes,

j’ai quelque chose à te dire,

là près du feu,

et s’il te plait, ne m’écoute pas,

réchauffe-moi.

Je me lance.

Ma courtoisie t’adresse.

Et je sollicite, de ta part,

l’honneur d’annoncer,

le M de mésange,

de miroir,

dans la misère hautaine et la pauvreté séculaire,

de riches gents Monsieur-Dame,

pour porter des enfants beaux et forts,

des cerfs, des biches aux narines alertes,

aux yeux noisettes dedans,

pleins de bons sens et de grâce.

Je t’enjoins

à ouvrir les bras plus loin,

l’immensité,

à avorter le rouge et le noir des colères,

la tendresse,

à jouer de la maladresse des peaux,

la douceur,

à embrasser l’infini,

coexister,

à voir et sentir les humeurs,

je suis large,

à laisser tes doigts conter,

notre nichoir,

la pleine lune,

pour les siècles des siècles,

À même.

« Oui »

Je te remets cet anneau,

je me sens bien,

et te dis « non »,

je veux le feu.

Je t’embrasse.