Perdue

Une assiette fleurie,

sur une nappe blanche,

légère comme un papillon jaune,

ou une robe d’été au coin des lèvres.

Un verre posé comme le poids d’un O,

rempli d’une herbe brillante,

que je bois comme du petit vin.

J’ai porté à ma connaissance,

ton nom,

jeté dans un vase quelques minutes,

mine patibulaire,

un tubercule s’est glissé dans la racine,

un patronyme nourrissant de sécheresse.

J’ai aussi soigné ma chevelure,

sur mon casque d’or j’ai arrangé un chignon,

emmêlé des pinceaux et des crayons,

ça se fait et se défait bien, pratique.

Une jolie jupe à volant accompagne mes pieds nus,

pas loin de leurs talons portés à ma main,

au bout de mon poignet doré et mon bras timide.

J’avais prévu de la musique mais la cigale

s’est carapatée au Mont-de-piété l’échanger

contre des poèmes.

Pas sûr que tu y gagnes mais je me dis qu’elle va bien

revenir chanter.

Et puis je ramènerai mon piano demain,

sur une carriole tirée par un âne bâté.

Et bien je crois que tout est prêt.