La promesse

La pluie approche,

une goutte puis deux sur mon épaule,

c’est une amie intime qui revient,

emmitouflée dans des frissons mouillés,

tout est champ de coton

sous une voute perlée,

elle précède les pas du soleil,

blotti dans mon ciel.

Immédiatement elle retrouve sa place,

toute faite exprès pour elle,

dans mon âme d’enfant,

elle soigne.

Je la regardais tomber sur les ardoises,

perchée sur le nichoir de ma fenêtre,

longtemps,

je renaissais chaque fois dans les odeurs d’humidité,

de nuages adolescents,

j’attrapais au passage mes pensées profondes:

« je ne prendrais pas la route facile,

je prendrais ma vérité sous le bras,

en chemin vers l’invisible. »

Il me semblait qu’elle se mariait si bien avec

mes états d’âme,

une amoureuse inspirée.

Eperdue de bien-être,

je me cachais pour l’écouter tomber,

avec délice.

Ca y est elle est là,

je prends mon parapluie,

pars me promener dans les bois,

le tintement sur la toile,

se réfugie sous sa protection,

dans deux mètres carrés de chaleur,

j’oublie les gouttes de pleurs,

je fais la promesse du don.