Nous rejoindre

Inutilité des liens qui nous entourent et volonté de le taire,

c’est tout le mystère et la réussite du Moi,

il n’y a pas de drame à se démunir de cet emprunt,

nécessaire pour un temps,

pour captiver le réel,

pas pour le capturer.

Envolons-nous sans artifice,

endormons-nous près de l’éphémère,

marchons vers la croisée,

il n’y a drame qu’à ne pas le faire,

perdre notre souffle,

nos chaussures sur la route,

envoyer nos yeux dans le creux de leur arbre,

sans même murmurer leurs envies,

à leur oreille distraite,

sans entendre le bruit de leurs pas,

dans nos allées fleuries.

Les yeux veulent poser leur regard sur toi.

La douce tendance à se résigner provoque chez nous,

les êtres humains,

des cataclysmes de lumière,

jusque dans les renfoncements des portes,

sans histoire,

discrètement,

sans bruit,

illuminés d’un discret éclairage,

et un penchant douteux pour un hasardeux arbitrage,

paresseux,

déjà plus un présage,

qu’un choix,

un éblouissement, caché derrière un drap,

une explosion de joie,

abandonnée,

derrière une porte fermée.

Pas une faille non,

loin s’en faut,

mais l’eau dans la chapelle,

qui fait miroiter ses plus beaux effets,

en solitude,

en douceur et magnétisme,

à l’abri du temps,

j’apprécie ce moment,

dans la clarté et la douceur de ma maison,

mais je sors de mon cocon,

maintenant.

Singeons l’amour et revenons vers le réel,

le néant,

tirons le ciel vers l’envie,

je me trouve du courage,

à sortir de ma cage,

en vie.

Il n’y a pas d’émoi qui ne se noie dans l’impassible odeur du trouble ou de la faute,

alors ne soyons pas bête au point de créer des nœuds qui n’en sont pas

et se déferont

de toute façon au premier coup de vent,

frappés d’anathèmes, excommuniés, sans paroles.

Nous, soyons plus malins, sublimes, plus orgueilleux mais bien,

fiers de nous-même,

et allons chercher sous les eaux, sous la terre, sous les montagnes,

dans les volcans, au-dessus des canopées et des lianes,

le tendre, l’enfant, la liberté, de feindre, de plaindre,

d’aimer le plaisir

et d’épouser la joie,

le trouble et la bêtise,

c’est la beauté de cette entreprise,

consciente.

Je ne crois pas que des doigts entrelacés puissent si facilement se défaire, se dépoussiérer,

s’éloigner,

ils peuvent se serrer, se tenir et s’enrayer, un peu, parfois.

Si l’on me dit que je dois te rejoindre, je le fais tout de suite.

Si l’on m’ordonne de te recommencer,

je me recommence aussi.

Est-ce que je sais ce que je fais?

Je rejoins mes doigts,

et je te prie,

chaque fois,

de me redonner une chance,

quand je brûle d’amour,

depuis l’enfance.

De nouveau la pluie et l’orage s’annoncent,

il fait frais tout à coup sur mes bras,

sur mes pensées,

viens,

viens nous réchauffer,

rejoins-moi.