La guerre

Pensée d’un matin gracile,

quand harmonie et rétractations s’emballent,

éclairage sur l’organigramme du temps,

qui s’invente des moments, des directions,

le chef vocifère et Satan le prend,

chaque minute oscille entre son aiguille et son grade,

il se perd dans les vapeurs invisibles,

entre ses bras ouverts et fermés en même temps,

affublé de son talent, de son présent,

de son passé sanguinolent,

il fulmine,

la pression monte d’un cran,

il croit qu’il s’engage contre le temps,

qu’il assoit son séant.

Il se veut là, entier et plein,

il croit qu’il a quelque chose à faire.

Pour sûr, mais quelque chose de fier.

Loin des discours apaisants coincés entre deux pierres,

le corps remonte ses prières à l’envers,

calme les ardeurs mais pas les peurs,

dernier étage, en tête, celui des pleurs.

C’est bien de cela que naît la guerre,

de la peur de perdre, envier le bonheur

c’est déjà le tuer, arriver à l’heure c’est prendre le contre-pied,

se concentrer c’est devenir maître de sa destinée,

un être humain propre et né.

Voilà, la guerre, c’est le fruit de l’envie, de la ferveur en nous-même,

qui nous rend traître, abime notre joie, s’installe en paix.

Du jus de tomate.

Impossible

de retrouver ses graines,

perdues dans l’acidité des veines,

sans le sel,

on boit du fiel.

La guerre s’affale sur le sol et prie pour qu’on la relève.

Celui ou celle qui lui tend la main

a quelque chose à voir avec ce qui serre, ce qui rince, ce qui prospère du rythme saccadé

des opinions mortes-nées,

et des si mignons enfants, volés sur une carte, enfermés sur une île secrète,

à la la beauté innocemment bouleversante,

qui scintille dans un coffre, enfermée dans ses trésors.

Du gâchis laconique, de la réussite notoire, presque conviviale,

reste que les jours empruntés à siphonner le temps,

font trop de tours, de détours, font fuir l’oxygène et empoisonnent le sang.

Allez vains oracles, arbres de pacotille, tous qui succombez à la voix

de la raison de l’Enfer,

partez en guerre,

mais ne revenez-pas avant d’avoir découvert votre âme,

et si vous la perdez en chemin,

au moins, elle aura servi à marcher sur des traces

d’ombre et de lumière

qui éclairent la guerre,

et endorment vos armes.