L’adolescence

Il y a si longtemps… que le corps n’a pas oublié.

Si longtemps que les doigts du nourrisson ont aligné les étoiles

sur son fil de nuit lactée,

que le jour de sa naissance s’y est suspendu depuis,

avec précision:

une étoile a pris la place

qui lui était réservée.

Le corps n’ emprisonne que l’instantané, se condamnant à un frisson

de plaisir,

un tantra compulsif,

une alliance inutile et éphémère qui persévère,

entre son aube et son mystère hanté,

jusqu’au jour où quelqu’un vient prendre soin de lui,

quelqu’un qui a quelque chose d’une maison en pierre grège

sous un olivier centenaire,

quelqu’un de bien.

Que deviennent ces enfants de Dieu, de l’Univers, de la Terre, au passage du temps?

Vraiment? Ils oublient?

Oui, dans l’oubli s’enracine la canopée.

Ils s’enduisent de leurs souvenirs, des mots de désir, de leur destin.

Si tôt. Si. tôt. Déjà.

Tout devient éclosion, quand la promesse s’installe,

le temps de l’enfance, de l’adolescence.

Jusqu’à l’adolescence? Peut-être.

Oui je crois.

Tout est dans ce livre des jeux de vie et des fulgurances innocentes,

visionnaires.

A y regarder de plus près,

-si l’on peut-, tout est déjà écrit.

Je me répète, parce que je veux que l’on me croie.

Enfin, surtout moi.

Je tiens à me croire, car je suis suspendue à ma naissance,

comme une plume sur un fil de ciel,

je me balance au gré du vent et du poids des mes ailes.

Première partie: la bande annonce, les plans-séquences.

Deuxième partie: nous devenons réalisateurs.

Pas toujours là où nous devons être.

Pourquoi?

Parce que nous prenons des décisions avant que tout ne soit là,

revenu, prêt à nous parler.

Parce que qu’il a bien fallu s’inventer une façon d’aimer,

entre la bonté et l’impatience grandissante.

Non!

Oui, nous y sommes. Prêts.

Emboitons nos pas, inventons en promenade,

soyons doux pour nous-même.

Car l’Amour nous submergera et il faudra bien nager, sortir de l’eau, se lever,

et marcher.

L’adolescence ne dit son dernier mot qu’au soir de la lune dans l’ombre,

quand l’esprit s’éclipse, s’installe ailleurs,

sans bruit et si fort.

Toujours.

Voilà, maintenant, il est temps.

Le soleil se reflète sur le mur blanc,

je n’y vois que de la lumière.

Cette semaine,

un très cher Ami a partagé,

la lumière intacte de l’adolescence,

le miracle d’une main tendue,

celle qui guérit,

une très chère Amie a tout donné,

sa main et plus,

les anges sont sortis,

ils volent,

ils sont en vie,

ils s’affolent dans une plénitude dorée,

ils apparaissent,

je ne souffre plus.

Mon adolescence crie ses premiers mots…