Mon premier pas avec tout mon amour.

A mon ami Jean-Michel, écrivain, souffleur de rire,

avec tout mon amour,

de chat, d’idole, de princesse.

A mon ami G., sous les oliviers, l’ange et le loup de sa tribu, avec mes milliers de remerciements,

et mon amour, aussi.

A Aki qui roule avec talent le long des routes des « Blue Ridge Mountains », qui vole, me vole,

me ramène en terrain sûr, avec tact et poésie, avec un talent fou,

avec tout mon amour.

A Johan, enchanteur, marcheur, gardien de mes mots, lanceur de ma liberté, Condor parmi les aigles, Etoile, Soleil,

avec tout mon amour.

A mes parents, qui seront présents pour le second clap de mon premier pas,

avec mes remerciements infinis et tout mon amour.

A nous les femmes, l’Amie, mes amies, ma nièce, mes tantes, cousines, belles-sœurs, toutes…fileuses d’or, héroïnes et conteuses,

avec tout mon amour.

A mes enfants, mes étoiles, avec tout mon amour.

A leur père, inventeur et bâtisseur, avec tout mon amour.

A ceux qui ne sont plus et qui parlent encore de si près, avec tout mon amour.

A ma famille qui tient les murs et construit des ponts, avec tout amour.

Aujourd’hui c’est la page blanche.

La mer d’huile.

Le papillon bleu qui s’envole depuis sa fleur jaune.

Aujourd’hui c’est l’orage qui se balance dans le Rocking-Chair de Ma Dalton,

on lui donnerait le Bon Dieu sans confession

parce qu’il grogne plutôt qu’il ne se fâche:

toute l’énergie du soleil rouge et des nuits de plaines

éclatent dans un seul éclair,

et la nuit tombe pieds nus

avec détonation,

le saut du lion ouvre le livre

enfin le tonnerre,

sans bruit,

avec dévotion.

Il y a des étendues de lucioles devant moi,

des lumières par milliers, sans son,

le silence les attrape comme des papillons,

et joue sur les murets,

à saute-mouton,

à les compter.

Chaque jour, chaque heure, chaque minute,

j’entends la musique.

Elle se fait Dame de compagnie, elle me signe, m’éduque,

à chaque homme son bonheur, son malheur, sa vie.

Il y a des arbres dans la brume qui me tendent les bras,

et chassent l’hiver, d’un revers de branche,

la neige tombe le dimanche,

et j’en saisis le sens.

Il y tant tant d’amour, que je ne saurais quoi en faire,

il le faut pourtant,

je fais confiance à mon étoile suspendue dans le temps,

qui se balance au bout d’une corde,

comme une boussole inca.

Au petit matin c’est dans le sable que je trouve le talisman,

le plus bel endroit pour démarrer la marée,

l’infini devant le soleil,

l’immensité,

la journée monte et descend au rythme de la lune,

comme la vie,

comme le monde,

elle choisit une femme, moi, pour faire son premier pas.