A la sixième station

Daft Punk, « One more time », mon fils aîné écoute tous les sons, il entend tout

et sa danse est très contagieuse.

Que se passera t-il une fois arrivée à la sixième station?

Un élan vertigineux et époustouflant.

Une Apparition.

Je poserai mon stylo sur le sable, près du ressac, autour de falaises abritant des amis

et des singes,

je choisirai d’écrire pour les singes,

les humains en devenir,

inspirée par mes amis.

Je jouerai ce qui me met à nu, la plus authentique part de moi, la plus profonde,

et se faisant je ne pourrai plus être détruite -Anaïs Nin-.

Je vais découvrir l’histoire, Henry Miller à Big Sur, Californie, il n’a pas tout dit,

il est la clé du château, je vais le re-visiter.

Je prendrais bien un café avec Christian Bobin, aussi souvent que nécessaire,

ses branches enracinées

en moi, un accès infini au ciel,

un délai très long pour tourner les pages,

une infinie précaution,

du charme,

de la pudeur et du cristal,

du Christian.

Je fermerai l’accès à un prétendu et pathétique idiome,

que j’ai voulu apprendre,

langage d’un seul et pas d’une collectivité,

une série d’expressions propre, à une seule commune idée,

dont j’ai voulu faire partie, en partie sauver,

malheureusement un seul homme,

trop nombreux à agir pour lui -même,

qui a exploré ma peine,

je le laisse pour gisant sur un bateau perdu s’en allant au loin,

tant pis, je baisse les bras,

je pisse l’eau de la mer par ses écoutilles,

je m’en vais renaître de cet écrivain là,

je ne le sous-estime pas,

je le sous-tire de son trou,

une énergie infinie, incontrôlable,

il apparaît.

Ma leçon?

L’éclopée que je suis se pend…

Attends. L’éblouissement te pend au nez.

Je l’attends.

A la place de l’iniquité, la justice martiale,

viendra prendre place, le chant du coq,

que n’entendront plus

que les cocottes perchées,

dans une basse-cour emprisonnée.

Au-dessus voleront les oiseaux sauvages,

tous.

A la sixième station, je prends le train, une fois encore,

cette fois-ci,

pour toujours.