Le petit garçon indolent

Le petit garçon sur ses rails,

déraille,

à l’endroit où le train balance,

par les fenêtres ouvertes,

de l’huile,

sur les voies ferrées.

L’enfant qui le voit dit: « ça va faire mal »,

« encore plus mal ».

Son père dit: « mon enfant aura mal »,

« comme moi « .

Mais d’où viendrait ce mal,

si ce n’est du souvenir de sa propre voie,

puisqu’il la sait déjà,

désaffectée?

Il répète, inlassablement.

Ne pas écrire l’histoire, pour ne pas lire,

l’originale,

celle qui l’a entraîné,

à remettre ses enfants,

systématiquement,

le lendemain,

sur des tunnels,

sans sortie.

Qui est-il?

Que s’est -il passé?

En tout état de cause,

il ne veut rien savoir des fracas,

qui choquent, se mobilisent, arrachent,

il n’y a que ça, tout autour de lui,

des pots qui cassent,

des tenues de soirées,

aux tâches indélébiles,

qui se noient

dans un verre vide.

On ne voit même plus,

le petit garçon indolent,

perdu dans ses sourires,

qui regardent les vaches,

disparaître dans les champs.