Lettres de l’été 2021

Ce fût un été si doux,

si bon.

Un été champêtre qui glisse

sur une peau de banane,

pas posée là par hasard,

ni par personne,

et tombe sur une miraculée.

Une réponse à mes lettres,

de trente années mes ainées.

L’été a envoyé beaucoup de bébés, cette année,

c’est un cas mystérieux.

Tous nés ici.

Directement dans la chapelle.

J’attends qu’ils se réveillent.

En attendant,

c’est moi qui écrit.

Les enfants sont libres,

cette vie n’offre que des fleurs,

que l’on arrose,

que l’on regarde grandir,

et que d’autres butinent.

Je m’installe sur la chaise de mon salon de jardin,

je suis fatiguée,

j’ai donné,

et je suis maintenant un peu partout,

éparpillée dans les champs.

Prendre une photo de cet été,

c’est sublimer le thé,

en cérémonie,

à Nikko.

L’image est forte,

mais juste.

Sur la barrière qui donne sur un chemin d’herbe,

est écrit,

« salon privé ».

J’imagine que lorsque la neige va tomber,

il sera recouvert,

au chaud sous des milliers de flocons,

que je compterai,

parmi mes amis.

Et puis confidences pour confidences,

chaque nuit je raconterai,

comment reconnaître ce merveilleux moment,

où tout s’éveille,

une fois dans la vie.

Le suivant, c’est à nous de le trouver,

tout simplement,

en prenant une photo,

de l’été.

Je l’enlacerais bien,

lui dirais volontiers, merci,

peut-être pleurerais-je dans ses bras,

submergée par la découverte,

d’un superbe malentendu,

tout parle, je le savais,

mais que tout soit connecté, co-existe,

j’avais un doute,

l’été m’a tenu tête,

m’a fait confiance,

le printemps avant lui,

jusqu’à ce que je lise, enfin,

mon courrier.

J’avoue, je suis bluffée.