L’amoureuse

C’est l’aube,

au milieu de l’oasis,

des figues digestes,

elle extrait sa langue,

goût vert menthe,

et serpente,

entre des plaisirs d’opium,

dans sa cage thoracique,

le long de son riff,

touchant.

Elle enchaîne

le rouge et l’ocre,

mélange de lavande et d’ailes,

de caresses polaires,

elle dessine un trait de péninsule,

à l’orge grège, dans le vallon,

avion matinal,

bleu fantasque,

soupir,

tout est là,

en grand nombre,

l’aube s’éveille

à la civilité.

Le torse,

l’œil de l’exil,

temple de Poséidon,

millésimé,

catégorie excellence,

comme un lion dormant,

bouillonne.

Des cils battants, des poils de choux,

des peaux d’apaches,

tout est plus,

de flèches,

de doux.

Je fume une cigarette magistrale,

autour de la table de jeu,

des yeux de verre,

me regardent et se fuient,

ils roulent en orbite

autour des casques bleus,

des baroudeurs,

intense moment,

échanges tactiques,

critique d’Orwell,

le futur bat son plein,

pour un peu d’or,

glacé dans un verre de whisky,

les sourires habités,

ouvrent le tunnel

dans le sens

de l’amour.