L’enfer

Sors!

J’ai failli à l’écrire celui-là,

même failli m’évanouir,

alors je faux, doucement.

Je me suis dit,

ne gis pas,

geins un peu pour voir!

Et lève-toi !

Le voile et la tempête avec,

pauvre diablesse !

Insatiable!

Si tu veux y aller, tu dois l’introduire

celui-là,

le présenter comme il se doit,

place aux clous!

… que je ramasse, comme des pommes

de compagnie,

je croque comme on m’a dit.

Showtime!

Sursis de la terre asséchée,

te souviens-tu?

La tribu à la peau trop petite?

Le sang qui coule en claquant des dents,

sur des langues à la salive duveteuse,

les corps meurtris qui ne veulent pas mourir,

couchés sous des abris cuits trop près des feux,

ils résistent au temps,

ce n’est pas pour rien!

Même sous la torture,

je n’y serais pas allée.

J’en rajoute?

Et les jeunes utilisés par des hommes sans profession

de joie,

avides, soumis.

J’y suis.

Le soleil cuisant?

La plaine balayée par les vents de sable astigmates,

qui rentrent partout dans la peau,

sans savoir où il vont,

sans s’annoncer non plus,

la saisie en est écarlate, revigorante presque,

si ce n’était les stigmates brûlants,

on pourrait presque les ignorer.

La table qui accueille des frères de spasmes,

des fèves qu’on a cassées,

des enfants griffés à la prière,

quand l’ aube châtrée s’éveille.

Et celui qui revient d’entre les morts?

Même le torrent m’en est témoin,

il n’arrive pas à les abreuver.

Alors, on se la fait cette partie de Pictionary?

Non? Bon, okay.

Oui, « non », c’est le pouvoir.

Je vais huiler mes coudes,

et dessiner le tableau seule,

ça mérite un bon coup de balai,

t’es sûre?

Tu ne veux pas jouer?

« Un dessin dont tu es l’héroïne »?

Qu’est-ce que l’on fait, dis-moi,

avec des trous dans les mots

à ne plus savoir qu’ « enfer »?

Allez, le prochain sera le bon,

entre le Yin et le Yang,

il y a bien un chemin,

pavé de bonnes intentions…