Espoir

Juste à temps pour le miracle.

Je vais les lire ces nouvelles, oui, elles m’ont l’air

très belles.

Mais juste avant,

avant qu’elles ne m’emmènent,

avant que je ne sois plus réelle,

et plus moi,

et plus toi,

avant que je ne me souvienne plus,

ni du ton,

ni des marches,

ni de la justice,

mais juste de l’histoire

de ses traits,

du pont,

de l’union,

avant que mon rôle ne soit plus qu’une danse,

un reflet,

une glissade,

une lente métamorphose,

une parade,

un entrechat,

avant que mon disque ne disparaisse,

de la surface diamantée,

du rayon vinyles,

avant que mon compte ne clôture,

ma mie,

ma mue,

ma condition,

ta jambe de bois,

avant que je ne sois plus la raison de mes choix,

de ma croix,

de ma foi,

de mon désir parallèle,

de mon déshabillé sexy,

avant que je ne puisse plus lire et écrire comme

on me l’a appris mais

plutôt comme une infortune,

un jardin immense,

une rose Delta,

un triolet,

je la prendrais bien cette route,

enfin,

avec toi.

Alors,

avant que tout cela ne soit plus qu’un beau souvenir,

un profond désir,

une tirelire d’enfant,

un socle pour le monde et les autres,

pour ton monde et le vôtre,

pour le nôtre,

pour sauter dedans

sensuelles,

esseulées,

appelées,

au dessus de la canopée et des hirondelles,

je voulais te dire,

que je te donnerai,

absolument tout ce que

tu sens,

tu sais,

jusqu’à épuisement du noir,

et envahissement du lait,

et comme cela n’arrivera jamais,

je te donne,

de l’espoir.