Dis oui

La langue si belle jaillit, la loupiote à cent Watts,

à mille assimilations, dans un show rose,

douée d’un sens inversé, elle montre plus qu’elle ne sait,

de là vient probablement sa vitalité,

les mots diététiques desservent la posture,

hygiénique,

« je ne suis pas au régime »,

-dit-elle-,

je cherche mon idéal, mon équilibre, ma poésie,

je sais où je vais.

La voilure et l’étanchéité de mes lèvres relèvent

du rythme de mes sorties,

de mes poèmes presque,

qui scandent au mieux au moins,

du fond d’un marais dormant, grouillant, bruyant,

des mots mystiques à travers les bulles,

les souffles qui s’échappent.

La voile autour est souple et tendre comme un sexe de femme,

tendue et puissante comme un désir,

l’embarcation prend l’eau et la flotte,

sur la langue émancipée, déserte,

il pleut.

Tout est à faire. De goût.

En langue inconnue et habillée,

elle questionne en continu:

« On y va ?

S’il te plaît,

dis oui. »