Cécile Coulon: mention j’aime

Trois petits tours et puis s’en vont, il m’a dit ceci, il m’a dit cela,

ses chiffres préférés sont 7 et 10,

le mien est 3.

Je me demande si je veux que l’on M’aime, comme Cécile.

Rien à voir avec Troie.

Est-ce que je veux des « like » et des « j’adore » flanqués de mes poèmes?

Je la lis et…

…J’ai chaud comme une petite souris pelotonnée dans un creux d’arbre,

à l’abris du Monde dans un enroulé de poils d’ours,

mats comme les billes de ses yeux, splendides, candides.

Elle se planque dans une caverne aux parois de blizzard,

si petite, si consciente,

si alertée souvent, par les coups de coeur.

Chaud comme un chocolat de village,

son ventre pousse des soulèvements dans l’air de sa tanière, l’air de la forêt,

l’air alentour, l’air encore plus loin,

et remplit sa tasse vide de lait.

La petite souris sent bon les pins et ses petits, tous nés sous la même

lune de travail.

Elle a rassemblé, elle est est allée chercher, elle a rapporté,

elle a construit un nid, dans sa petite poche.

Je ne l’approche pas, je la regarde.

Je ne la dérange pas, je voudrais l’hiver.

Elle saute même pour fuir;

elle atterrit sur le bras de mon fils qui éclate de rire,

il n’a plus peur.

Elle ne reste pas bien sûr, elle nous laisse quelques cocons noirs.

Elle fend la bise.

Nous trouvons sa cachette après son départ,

elle n’était pas seule, nous sommes rassurés.

J’en profite pour remercier la poétesse pour sa rosée.

Au petit matin, la souris court dans notre jardin,

et s’immobilise dans son regard de buse.

Je la prénomme Cécile et je me demande ce que j’ai avec ce prénom !

Je l’aime bien, je l’aime! Même !