Les jardins de Bagatelles

Juste un petit cadeau caché dans la brume, je veux juste une toute petite embarcation pour venir m’y installer et bercer mon amour sans être dérangée.

Ou une petite pension pimpante sur une route délabrée, avec vue sur le garage d’à côté et la voiture cabossée bleue délavée, rangée dedans, que je réussirai à démarrer. Une vieille 2CV, tiens! Une passoire à bisous mouillés.

Un oignon qui commence à pourrir dans le fond du panier à légumes que je finirai dans une soupe de pulpe géante.

Une sauterelle qui fuit toutes les autres.

Un voyage qui fait escale aux Emirats arabes unis, puis à Kuala Lumpur, en plein désert malaisien avant de finir dans le nouvel aéroport de Singapour, sous un immense verre retourné sur un arbre graphique.

Evidemment une sauce au beurre avec le poisson! Quelques perles de citron, juste grillé à point, et je mange mes doigts comme des radis. Accompagnés d’un peu d’orange et de tangage. Et j’ éeéé..me le mauvais temps quand les poissons baisent dedans… tin. tin.

Non, pas tant de bruit dans la rue. J’aime que personne ne m’entende. Ne me le rappelez pas s’il vous plait. Qu’il y en a d’autres. Chuuut…. ça raisonne.

J’invite volontiers mes émotions depuis que je sais qu’elles peuplent la compagnie. C’est ça la vie aussi, un peu de nudité qui déménage chez les autres.

Oh bien sûr j’y entends quelque chose à leur musique puisque certains matins je me réveille avec une sensation d’espoir et je change vite de pavés.

Natif d’ici ? Que sais-je moi des flottements de l’esprit ou de son comportement? J’ouvre la porte c’est déjà ça!

Sans doute que tout cela s’arrêtera un jour, je veux dire la sauce au beurre, c’est sur ma route, non? Je sauce donc je suis.

Que vois-je au loin?

Qu’est ce que j’en sais ma douce!

Je classe.

J’explose tous les jours un nouveau score.

Ils sont addicts à moi. Je le sais. Et comme ils ne vont pas se calmer,

je vais vivre intensément.

…Et vous?

Je voudrais quand même dire avant que vous ne répondiez,

que je serai toujours là,

pour vous,

pour eux,

parce-ce que je suis

un orage de cris et de baisers,

chevillée à la mémoire,

à la brillance de l’inutilité,

au retour du monstre,

il n’y a plus rien à sauver,

que les jardins de Bagatelles.