Amen

Au fond de mon ventre, sur la paroi d’une cathédrale de suie,

de tes doigts bleus, tu écris que je t’aime.

Je te réponds « oui », à la craie,

d’une ligne de vie sur des vitraux de marbre.

Quand le temps vire au cauchemar,

que mes os sentent venir le changement dans l’antre,

je pose mes pieds sur les dalles de la voûte transparente.

Car je sais que tu t’avances, doucement, dans les racines souterraines,

et j’ai besoin de te voir:

tu marches sur la mer, sur l’écume abandonnée,

je crois me reconnaître dans ces pas disgracieux.

Je réfléchis à genoux,

mes pensées concentrées sur mes épaules,

les larmes de cire font des trous dans mes chaussures,

je solidifie mes ailes.

Entre toi et moi, l’autel. Plus dense que sa pierre.

Il y en a tant que je n’ai pas su te donner:

des offrandes.

N’oublie pas que j’ai déposé, à l’entrée, l’eau de mes doigts,

je me lave dans ce bain et j’en ressors couverte de ton sang,

je m’essuie sur mon corps, je m’assèche nue.

Et j’aimerais que ton torse glisse sans effort,

de tes cheveux défaits à mon ventre ému.