La ville

L’art de se montrer s’apprend.

On marche sur son béton, on construit ses immeubles et puis

vlan! Tout s’écroule lorsque l’on enlève ses lunettes,

à dire vrai on avait bien commencé par les grands axes,

on avait juste oublié un peu le soleil.

Rien ne se perd, tout se transforme, pousse.

On irradie le quartier de nos habitudes,

on dénoue le silence.

« Bonjour, qui es-tu aujourd’hui ? », dit le parc à thèmes.

Invite-toi. Habitons-nous.

La ville est un plaisir sensoriel,

un torrent mécanique, amnésique,

un amoncellement d’hommes dans une sédimentation accélérée,

de femmes à la recherche de fluidité,

d’enfants visionnaires.

C’est le creux du ciel dans sa main habile.

Et ça grouille de rythmes et de dissonances,

de solitudes assises sur des grilles rouillées,

d’engins à trépieds qui les soulèvent,

de scènes que l’on reproduit en pleine rue,

de troubadours ensorcelés qui respirent des particules de vent,

de bons endroits intuitifs,

de théâtres ouverts,

autant de preuves d’amour que de grandes premières,

saisis dans l’empreinte du temps.

La ville se montre,

d’objectifs et de fer, d’espaces et de visages, organisée.

C’est l’atout plié dans la manche du messager urbain,

qui porte au bras une montre passionnée.