Nova

Ce week-end j’ai vécu un moment qui restera gravé pour toujours dans ma mémoire.

Au cours d’un très agréable dîner du côté de la Belgique, la chienne de mes amis a attrapé le visage de mon plus jeune fils dans sa gueule. Fort heureusement ne s’en sont suivies que des égratignures superficielles sur la bouche, le bout du nez, une un petit peu plus profonde à sa base, il a eu le réflexe de reculer son visage à temps quand il a réalisé qu’elle s’apprêtait bel et bien à le mordre. Aussi marquantes ont été les discussions qui ont suivi. Euthanasie de la vieille Dame, traumatisme de mon fils, moi qui ne cesse de me répéter depuis une heure du matin hier qu’il a eu beaucoup de chance, les enfants de la famille qui n’en reviennent pas et dont le cœur se serre quand les parents commencent à évoquer une fin proche, une fin ratée, une piqûre de raison. « Tu es une emmerdeuse », oui, je comprends. (C’est moi l’emmerdeuse. Un petit mot gentil. Si. Si. Mais ma venue le met dans une position difficile, le Maître. C’est lui qui devra emmener la chienne aussi loin). Devant l’impensable, la pensée. Et puis, que lui est t-il arrivé, la vieillesse?

Oui, nous allons tous réfléchir, la nuit portera conscience. Les conseils seront pour le lendemain. La famille.

Elle sera désormais enfermée au calme. Plus de visite pour elle. Douce décision.

La domesticité s’est pris un coup dans la gueule, sans bave, des crocs sur le côté.

Mon fils a eu mal, a été déçu, trahi, a fini par me dire qu’il sentait la colère l’envahir du bas en haut. Il a eu envie de lui donner un coup de pied, de l’envoyer valser. Un coup de gueule. Animal. Animal.

La chienne vieillit et souffre, entourée, aimée. Elle a rempli une place vide.

Une place de choix. Faire un choix.

Laisser partir ou aimer.