Le parfum qui s’enfuit

Station les Maraîchers

Je prends l’escalier à droite

Direction rue des Pyrénées

Il fait froid et sec

Quelle audace ce métro !

Il sort à la proue du soleil !

Le souffle de l’éclosion

éparpille les arbres rouge et or

Le crépuscule allume ses pupilles de chat

Des âmes au chaud derrière leurs fenêtres

éclairent les décisions du destin

Le parfum s’enfuit vers des nuits de confidences

et je lui confierai mon hiver sans une hésitation

aux fragrances sucrées d’épines de pin

Adossée aux lampadaires

la neige illuminera les pas des enfants laineux

qui joueront sous la lumière

En attendant

installée dans un café du vingtième

je regarde la télévision

Les bords de ma tasse sont brûlants

et mon café sent les marrons

J’enfouis mon nez

dans le cou de l’hiver

jusqu’au tremblement

en son cœur.