Quand le vin prend racine à sa grappe

Vous me direz, le vin prend racine dans toutes ses splendeurs

graines ou sarment

dans les hautes vignes aux collines pelviennes

il y voit l’occasion de se reproduire des centaines de fois.

Les grappes sont des oiseaux dormants

arrondies au soleil

qui se croisent sans façon pour bourgeonner comme des milliers de seins.

La rumeur dit que le vin enivre et s’il est vrai qu’il est de la partie

il ravive surtout les jolis poèmes

que l’on se dit jusque tard dans la nuit pour s’arrimer

S’engorger dans la noblesse du désir.

J’entends par là que tous nous aimons d’une manière ou d’une autre

nous astreindre à quelques temps perdus

et par ricochet, trouver la flamme qui vinifie

Jusque dans nos tripes les plus profondes

l’ouverture de la cueillette

est ce que Jadis a entr’aperçu de misère et de joie

au gré de leur naissance.

Et j’en suis.

A n’en plus soif.

Je suis

De celles qui côtoient l’or du monde comme une alcoolique

qui va mourir

Ne me souvenant plus de rien, que je ne leste pour me sauver.

Je choisis de m’enraciner dans la terre la plus rocailleuse, la plus sèche

et la plus généreuse

qui me soit donnée d’aimer.