Un soir d’été

Un soir d’été

Endormie sous une sieste saule

Allongée sur le dos

Les grandes herbes chatouillent mon sommeil

Et je caresse le soleil rouge d’un œil ouvert

J’attrape un rayon de crépuscule d’un cil tout fraîchement fatigué

L’extase m’empoigne d’une douceur extrême

Ce doit être cela, le paradis – me dis-je

Mon corps soupire, je l’ai réveillé

Je le sens frissonner, à ce moment précis

Quelques turbulences tendres sous la terre le saisissent

le sol s’est rafraîchi

Il fait un bond, tandis que je m’éveille

à ses fourmillements

La lavande se pâme en ce début de soirée

La part de ses rêves remue encore sous mes reins

J’ai dû partir dans un souper onirique

J’ai faim

Debout, je suis étourdie

Je m’en vais

En contrebas les lumières du village scintillent

et je sens déjà cette bonne odeur de soupe

que je partagerais autour de la table d’un Amphitryon

Je suis invitée

par le clair de lune.