L’éphémère

Ce sont les notes qui s’étirent et se retirent telle la marée montante

sur un Prélude de Bach

C’est toute naissance qui fissure la chair pour savourer un souffle

d’enfant

C’est toute mort qui se fait souvenir d’un instant de prison

ou de liberté

Ceux sont les enluminures à l’échancrure d’un livre dans le galbe

d’un Printemps, qui lisent les rhumatismes de la jeunesse

Une tonalité qui émeut et se change en joie dans les trilles d’une passion

Et puis l’organiste ouvre la porte de l’Eglise, il joue pour tous

C’est le raisin qui se gorge et éclate entre des doigts

C’est un feu qui réchauffe les os et laisse une braise timide

pour un papillon audacieux que l’on nomme l’Ephémère

C’est ouvrir les fenêtres d’un matin sur l’aurore d’une biche

et trouver un papillon posé sur ses narines.

Un autre papillon le rejoint.