Une chose simple …

Notre histoire est à la fois un grand livre et un fil étrangement fragile que les vicissitudes et les temps chauds ont transformé en conte des mille et une nuits ;

seulement le temps et l’époque sont ce qu’ils sont, mon cœur ; je suis libre et arrachée, vaillante et blessée, meurtrie et légère, parfois je passe l’éponge, parfois j’oublie les silos de blé tendre moissonnés durant l’été ;

tout cela n’a pas la moindre importance car la solitude est mon arme, mon ami ; mon jardin, mon herbe ;

on ne choisit pas comment s’étirent nos journées, nos années, ni la souffrance imposée, la chance offerte, ce en quoi elle est déjà aimable d’agir en soldat ;

je vote pour la paix qui n’existe pas, n’existera jamais ; cette utopie qui nous aide à canaliser, réfléchir, à peindre les murs de la maison sur la colline

remplie de lumière et de travail. Chaque lune qui me sépare du halo gris par le truchement du temps qui passe m’invite à rencontrer le regard du monde : il ne regarde que toi ;

je suis attachée à ta cheville viscéralement émue par un épisode inconnu d’un futur encore bébé

ce sourire … ce sourire me cueille inexorablement au plus profond de moi, c’est exactement ce qu’on appelle le bonheur : une chose simple.