Le bonheur est un péril en liesse

Passée la porte, tout est emprunté de gorges et de vallées. La volière qui me troublait avant, a pris ses quartiers d’automne, organisée dans son jargon narratif ; un simulacre de tendances se ravive encore quelque fois, qui sermonne ou menace, mais à peine le temps de s’installer – juste de quoi s’appesantir sur une microscopique réalité.

Car les mots n’ont plus de sens s’ils logent tout le temps dans les nids ; aussi l’occasion se présente maintenant qu’ils s’envolent, aériens, efficaces. En quelques battements d’ailes, ils dessinent un paysage pour ouvrir le grand magma du ciel. Alors, les catastrophes qui aiguillaient les douanes sises de toute part, s’en vont se promener dans un cirque de présages, où les mésanges les écoutent pour en faire des stratégies. Et chaque fois que vient l’orage, l’ensemble des vies attardées se remettent en ménage pour circonscrire le ragoût de tonnerre dans une péninsule d’évidences et d’applaudissements.

Dans cette nouvelle liberté, il y a un livre pour chaque page, un endroit pour traire l’emphase qui se multiplie dans un dédale de respirations – une multitude d’envies aimant l’intendance. Quand la vie reprend ses droits, l’automne s’accoutume à ses délires : rouges , jaunes, des vers, du bleu, du jaune, blancs et noirs, d’une classe et d’une élégance bouleversante.

C’est là que l’école fait son grand retour, et sa maman aussi, consciente de ses privilèges, ignorant façons et enrôlement. L’élevage est disloqué.

Il s’agit d’écrire ensemble pour tenir ses promesses, sans sacrifier ni l’amerrissage, ni la hardiesse. La rondeur de la vie se pâme et éblouit. Il faut parfois accepter que la crise soit passée, qu’elle ait ouvert des cages, dérobé l’été, alimenté des soleils, et qu’elle nous envoie des messages longtemps ignorés par éducation, par culture, mais reçus aujourd’hui avec soulagement.

Tout simplement parce que le bonheur est un péril en liesse.

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Photo : Stéphane Nevier, photographe animalier.