Vendredi matin
Il pleut. D’une pluie douillette, ambrée, chaude.
Juste de quoi nous réveiller, nous cocooner.
Le jour se lève de plus en plus, où va t-il s’arrêter ?
La pénombre est si vorace d’intimité, c’est ainsi que je l’aime
Le bus vient me chercher dans cette nuit tout juste endormie , il est l’ami fidèle
Quinze minutes plus tard, la lumière s’offre, téméraire
Il y a du matin dur dans les placards de la ville
Le pont, les voitures, le couinement de l’accordéon du tram
Et bientôt j’arrive où je vais marcher
Puis, j’arrive au bureau
Et je vais oublier ma maison, mes enfants, toutes ses choses à faire, les amis, les projets, le jardin, les livres, je me plongerai dans des questionnements du jour
Et je créerai une longue réalité de huit heures
Tout droit sortie de nulle-part.
Les muscles bandées pour la porter.