Oserais-je dire qu’on est maintenant vendredi soir
Quelques voitures circulent , qui rentrent, partent, se garent
La nuit tend son astre à la haie du monde, d’où elle jaillira sans qu’on la remarque
Les moucherons ont déserté la fin de l’été, et il est trop tôt pour écumer les pauvres escargots qu’on écrasera -bien contre notre volonté -, très bientôt, en sortant de nos parapluies
On a dîné des escalopes de dinde aux champignons, mon fils a trouvé ses professeurs sympas, le repas étaient donc gai
Je n’attends pas avec impatience le passage à l’heure d’hiver
Le grand chêne a beau être grand, très grand et vieux, devant la fenêtre de la cuisine, avec de prospères, interminables racines, ses feuilles ne sont pas si éclatantes que l’an dernier
Il semble conserver un peu de l’âme de la canicule dans ses traits qu’il arpente d’un pas plus âgé
Le chêne étant orgueilleux, il travaille avec mordant à la rééducation de la chlorophylle
Peut-être aura t-il du peps quand l’automne reviendra… il a de ces airs d’écureuil en novembre, qu’on croirait le voir grignoter du sirop d’érable
Le mystère s’épaissit à mesure que la toile ne genre plus ses couleurs
Ce qui, de fait, relève de la différence, en plein jour, s’octroie un murmure d’unicité à la nuit tombée
J’aime ce vendredi soir parce qu’il m’inspire avec modestie
La vision d’un bocage de mon Berry natal, tatoué des simplicités de la vie.