Elle s’évapore à l’infini

Dans les cendres, ma tante, j’ai brûlé la lettre que j’avais écrite pour toi : des larmes et de la joie ;

Ta gentillesse et ta lumière m’avait toujours tant touchée ;

Mon oncle, tu es parti cet été, pendant les vacances … sonnant le glas d’un rassemblement quelque peu perdu.

Je me souviens que tu arrivais chez nous avec ton sourire aux larges rides heureuses, tu en partageais l’éclat, et repartais sans même voir nos rires soulagés.

D’une manière ou d’une autre, vous vous intéressiez tous les deux à nous ;

Comme si vous n’existiez pas ;

Vous n’aviez plus besoin de sursoir à vos vies, vous étiez d’une présence séculaire.

Ce que vous choisissiez de taire … était un jardin où nous errions…ils nous fallait en cueillir les fruits pour vous goûter profondément ;

Ce qui n’arrivait pas souvent.

L’humain a de ces secrets qu’il tente de cacher, alors il prend la main d’une quête , lui donnant cette poignée de courage et d’encouragement, qu’il sait partager du fond de ses expériences.

Vous étiez de nous tous avec cette profondeur discrète et généreuse qu’ont les gens quand la vie a été sauvée par leur sensibilité.

Ma tante, on m’a dit que le vent avait soufflé quand tu es partie.

Mon oncle, toi tu as laissé une vie de collectionneur à ceux qui restent, et un long cri d’amour éparpillé dans tes pérégrinations historiques. Aussi, cela nous laisse beaucoup d’endroits pour te parler, par tous les temps.

En ce matin ensoleillé et un peu venteux,

Je vous dit tout cela, ici, dans mon jardin d’écriture, car je suppose, nous sommes tous connectés.

Il suffît, maintenant ! Vous avez sans doute envie de profiter pleinement de ce repos, de cette paix.

Alors, qu’il en soit ainsi. On n’oublie pas, on s’aligne avec le temps et les souvenirs, laissant courir ce vent vers les étoiles.

Comme l’âme semble belle, là-haut !

Qu’enfin, elle s’évapore à l’infini…

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Crédit photo : Chacha